"Elle, lui et Eros" propose un rapprochement inédit entre des artistes de différentes générations liés à la région niçoise. Né en 1883 à Nice, Gustav-Adolf Mossa initie une peinture symboliste et profanatoire, redécouverte après son décès en 1971. Habité par l’esthétique du carnaval également, Robert Malaval développe une pratique artistique fulgurante et prolifique dès le début des années 1960 jusqu’à son suicide en 1980. Martine Doytier réalise de 1974 à 1984 une peinture fantastique détaillée, écorchée et tragique restituant un mal être envahissant. Enfin, deux artistes liés d’amitié font leur apparition sur la scène artistique au début des années 1990 et se fascinent pour la culture baroque et underground, à la recherche d’une osmose entre ces deux univers. Bruno Pélassy qui confectionne une œuvre hybride et baroque mêlant la pratique de la couture à un esprit de sabotage et Natacha Lesueur qui réalise des portraits photographiques aux mises en scène dissonantes. Atypiques, ces artistes déploient une dialectique de l’amour, de la vie et de la mort, marquée par une fascination pour l’ornement et le décoratif. Chacun à sa manière entremêle des champs de références variés où la musique joue une place centrale. L’éloge du maquillage et du travestissement révèle un art de la parure et de l’artifice subversif et provocateur, dénonçant les travers de la société faisant apparaitre, de manière poignante et poétique, leurs angoisses profondes. Le corps humain (par sa présence suggérée ou figurée) apparait ainsi au centre des préoccupations plastiques.